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Unión de Selvicultores del Sur de Europa

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Bilan de l année. 2025 : une année intense pour lUSSE à Bruxelles (et pour les propriétaires forestiers du sud de l Europe)

07 / 01 / 2026

2025 a été une année particulièrement exigeante sur le plan politique et technique pour l’Union des sylviculteurs du sud de l’Europe (USSE), dans un contexte où le débat européen sur les forêts continue d’osciller entre de grandes ambitions en matière de climat et de biodiversité et la nécessité, souvent oubliée, de soutenir la gestion forestière active et la viabilité économique du territoire. Depuis le Portugal, la Galice, la Navarre, le Pays basque et la Nouvelle-Aquitaine, l’USSE a continué à défendre une évidence fondamentale : sans propriétaires forestiers privés, il n’y a pas de gestion, et sans gestion, il n’y a pas de résilience face aux incendies, aux sécheresses, aux ravageurs ou à l’abandon.

EUDR: plus de clarté dans le calendrier, mais avec une exigence de praticabilité

L’un des dossiers les plus importants de l’année a été le règlement sur les produits sans déforestation (EUDR). Après des mois d’incertitude, l’année 2025 s’achève sur un accord politique, le 4 décembre, en faveur d’une révision « chirurgicale » visant à simplifier son contenu et, surtout, à reporter son application jusqu’au 30 décembre 2026 pour les opérateurs en général, avec un délai supplémentaire pour les micro et petites entreprises. Parallèlement, le Parlement a approuvé le report, fixant également la date butoir au 30 décembre 2026 (pour les grandes et moyennes entreprises) et au 30 juin 2027 (pour les micro et petites entreprises).

Pour l’USSE, ce débat a été l’occasion d’insister sur le fait que la traçabilité et la diligence raisonnable doivent aller de pair avec des systèmes opérationnels et des coûts abordables pour les maillons les plus fragiles de la chaîne, en particulier lorsque l’on parle d’une propriété forestière très fragmentée et majoritairement privée dans nos régions.

Loi sur la surveillance ou le suivi forestier : un « coup de frein » qui oblige à repenser l’approche

En octobre, le Parlement européen a rejeté la proposition de « loi sur la surveillance forestière » en première lecture, le 21 octobre, après un rejet préalable en commission, arguant des risques de double emploi et de charge administrative. Le « train législatif » du Parlement lui-même indique également que la Commission a annoncé dans son programme de travail 2026 son intention de retirer la proposition dans les mois à venir.

Tout au long du dossier, l’USSE a défendu l’idée que l’amélioration de la connaissance de l’état des forêts est positive, mais qu’elle doit s’appuyer sur les systèmes existants, avec une gouvernance claire et sans faire de la collecte de données une fin en soi, en particulier dans les territoires où la gestion est déjà complexe en raison de l’orographie, des risques climatiques et de la faible rentabilité.

Cadre de certification des absorptions de carbone : de la norme au « comment »

2025 a également été l’année du lancement du CRCF (cadre volontaire de certification des absorptions et du carbone agricole et forestier), avec des mesures concrètes dans la réglementation secondaire. La Commission a annoncé le 1er décembre l’adoption du règlement d’exécution (UE) 2025/2358, premier bloc opérationnel pour la reconnaissance et le fonctionnement des systèmes de certification, et a encadré le déploiement d’actes délégués liés aux méthodologies.

Pour l’USSE, le message est clair : si l’Europe veut mobiliser des investissements en faveur de la capture et du stockage du carbone, les mécanismes doivent reconnaître les réalités du sud (risque de perturbations, coûts de gestion, longues rotations, petites exploitations) et générer des incitations nettes, et non des obligations qui font peser le poids d’autres secteurs sur la forêt.

Restauration de la nature : la phase de mise en œuvre commence

Avec le règlement européen sur la restauration de la nature (2024/1991), déjà en vigueur depuis le 18 août 2024, l’année 2025 a été marquée par le passage à la mise en œuvre. La Commission, par exemple, a progressé dans l’élaboration d’outils et d’un format commun pour les plans nationaux de restauration, dont le projet doit être présenté en septembre 2026.

L’USSE a informé et insisté auprès de ses associations nationales pour qu’elles cherchent à s’impliquer dans l’élaboration des plans nationaux de restauration, car leur participation est prévue dans le règlement lui-même, afin de garantir que ceux-ci soient conçus selon des critères techniques, avec un financement suffisant et une approche qui renforce — et ne pénalise pas — la gestion forestière durable active.

Un dialogue politique plus intense et de meilleure qualité

Au-delà des textes législatifs, 2025 a été une année de renforcement des canaux de communication : rapprocher les députés européens et les équipes techniques de la réalité des forêts du sud (écosystèmes exigeants, forte propriété privée, fragmentation et besoin d’investissements continus). À un moment où le débat environnemental est polarisé, l’USSE, en collaboration avec d’autres organisations avec lesquelles elle travaille à Bruxelles, a concentré ses efforts sur la mise en avant des propriétaires comme partie indispensable de la solution européenne : climat, biodiversité, bioéconomie et territoire géré.

En résumé, 2025 laisse place à des avancées, des pauses et des réorientations. Mais elle confirme également quelque chose d’essentiel: lorsque Bruxelles légifère sur les forêts, la voix de ceux qui les gèrent au quotidien n’est pas celle d’un « simple acteur » ; c’est la condition qui permet à tout objectif européen de se concrétiser sur le terrain.

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